
L'atelier a réuni les dirigeants du DSCC, des représentants de la Fondation SAJIDA et de TCI, ainsi que d'autres participants.
La semaine du 30 juin a marqué une étape importante pour les efforts de planification familiale au Bangladesh, avec l'organisation à Gazipur d'un atelier de conception de programme et d'une formation de formateurs (MTOT) d'une durée de trois jours, animés par The Challenge Initiative TCI) en partenariat avec la Dhaka South City Corporation (DSCC) et la Fondation SAJIDA. Des médecins du secteur public, des prestataires de services et des experts techniques se sont réunis pour commencer à élaborer une stratégie municipale visant à renforcer les services de planification familiale volontaire auprès de la population urbaine de Dhaka Sud, avec l’intention de l’étendre prochainement à d’autres villes.
Plutôt que de mettre en place un programme parallèle, l'atelier s'est concentré sur une approche plus durable : renforcer les systèmes publics existants afin que les villes elles-mêmes prennent en main la planification, la mise en œuvre et l'appropriation à long terme de ces projets.
TCI son programme au Bangladesh en mars 2026 et cet atelier s'est appuyé sur les enseignements tirés d'autres pays par TCI au Pakistan et aux Philippines. Pour le Bangladesh, c'est le début d'un parcours à long terme vers la mise en place d'un programme de planification familiale urbaine durable et pris en charge localement.

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La réalité urbaine : pourquoi c'est important aujourd'hui
Le Bangladesh compte désormais plus de 41 % de population urbaine, et celle-ci augmente de 3 % par an. Les moyennes nationales en matière de santé semblent rassurantes, mais elles masquent de profondes inégalités dans les bidonvilles, où l'accès à des services de planning familial de qualité reste inégal.
Les données de référence présentées lors de l'atelier ont permis de cerner concrètement le défi :
- L'écart concernant le LARC: Sur près de 48 000 consultations, 97 % aboutissent à l'utilisation de méthodes à courte durée d'action, tandis que les contraceptifs réversibles à longue durée d'action (LARC) ne représentent que 2 %.
- La barrière de la vie privée: 42 % des centres de santé évalués ne disposent pas de salles de consultation privées, ce qui dissuade les jeunes et les personnes défavorisées vivant en milieu urbain, qui déclarent souvent ne pas se sentir les bienvenus en raison de l'attitude peu accueillante du personnel soignant.
- Le déficit de capacité: Seuls environ 30 % des membres du personnel clinique de première ligne ont suivi récemment une formation au conseil en matière de planning familial.
Ces chiffres reflètent la réalité quotidienne des citadins qui ont besoin de services de santé essentiels, et ils constituent le point de départ des travaux de cet atelier.
Des données à l'action
Parallèlement au MTOT, les participants ont mené un exercice de conception de programme comprenant une analyse collaborative des causes profondes, à partir de données locales, afin d’identifier les lacunes en matière de services et de trouver des solutions concrètes. En s’appuyant sur une approche « de la preuve à l’action », les groupes de travail ont élaboré des diagrammes en « arête de poisson » pour remonter aux causes des problèmes, puis sont passés du diagnostic à la cartographie des solutions.
Un moment marquant : Faria Foez, référente TCIau sein du service municipal de santé de DSCC, a mis en évidence une lacune dans l’éducation à la santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes (AYSRH) :
Si l'enseignant lui-même fait l'impasse sur le chapitre consacré à la puberté, comment allons-nous pouvoir sensibiliser les élèves ?
Elle a souligné que, sans éducation précoce, les adolescents sont exposés à la désinformation, aux contenus non filtrés sur Internet et aux tabous sociaux. Le Dr Nishat, directrice adjointe de la santé publique, a ajouté que les centres de soins de santé primaires en milieu urbain enregistraient un nombre alarmant de grossesses chez les adolescentes et de grossesses non désirées.
Ce genre de réflexions émerge lorsque les acteurs municipaux ont la possibilité d'analyser leurs propres systèmes en toute honnêteté - – et elles veillent à ce que les interventions futures répondent aux priorités réelles de Dhaka Sud, et non à des projets définis de l'extérieur.
La participation publique au cœur du système
Les dirigeants du DSCC ont clairement pris en main le programme de planification familiale, ce qui constitue une caractéristique essentielle de l’approche TCIvisant à renforcer les capacités individuelles et les systèmes de santé. Le bureau TCIau Bangladesh a apporté son soutien dans le cadre des actions de plaidoyer menées auprès des décideurs politiques sur des questions clés ayant une incidence sur la prestation des services.

Anthony Faraon (à gauche) et Ghazunfer Abbas (au centre) ont présenté les enseignements tirés de TCI aux Philippines et au Pakistan.
Le message central de cet atelier : un changement durable dépend du leadership des pouvoirs publics. Plutôt que de mettre en œuvre des actions à la place des villes, TCI les collectivités locales TCI identifier leurs propres priorités, TCI concevoir leurs propres solutions, TCI mobiliser les ressources locales, TCI renforcer les systèmes existants et TCI pérenniser les améliorations une fois le soutien extérieur terminé.
Anthony Faraon (TCI ) et Ghazunfer Abbas (TCI ) ont expliqué que l’objectif était que la municipalité prenne la tête d’une approche « One Umbrella » visant à regrouper tous les partenaires de la santé urbaine au sein d’un cadre unique. Lorsque les participants ont souligné que les idées fausses d’ordre religieux constituaient un obstacle récurrent, M. Abbas a donné un exemple tiré du Pakistan, où TCI avec des imams et des chefs religieux pour répondre à des préoccupations similaires.
La session d’orientation destinée aux formateurs principaux a permis aux participants de se familiariser avec les principes qui sous-tendent l’approche de coaching TCI, en abordant notamment l’apprentissage des adultes, l’animation, la pensée systémique, l’appropriation par les villes, les interventions à fort impact et la planification collaborative. Les groupes de travail pluridisciplinaires ont favorisé un dialogue et des relations entre les différents services qui se poursuivront bien au-delà de l’atelier : l’une des plus grandes forces TCIréside en effet dans sa communauté mondiale, qui aide les villes à apprendre les unes des autres.
Voix de la ville
Les discussions menées lors de l'atelier ont été marquées par une franchise inhabituelle concernant l'aspect humain des défis systémiques. Le Dr Sadia Afroz a souligné les préoccupations relatives à la qualité des données, liées à la charge de travail et à l'intégrité des données :
Pourquoi la qualité de nos données laisse-t-elle à désirer ? Parce que la charge de travail sur le terrain est très importante. Nous ne travaillons pas uniquement dans un seul secteur ; une même personne doit assumer de nombreuses responsabilités… ce qui fait que les données ne sont pas entièrement saisies.
Dr Abu Sadat Mohammed Saleh.
Le Dr Abu Sadat Mohammed Saleh, responsable adjoint de la santé au DSCC, s'est exprimé sur le leadership et l'appropriation au niveau local.
En ce qui concerne le leadership, le problème est que je ne m’en « approprie » pas la responsabilité. Si chaque secteur assumait individuellement ses responsabilités à tous les niveaux, la question du leadership ne se poserait pas.
La feuille de route à venir
L'atelier s'est conclu par l'adoption d'une feuille de route de mise en œuvre validée et pilotée par la ville, visant à relever les défis identifiés grâce à l'analyse en arête de poisson. Au cours des six prochains mois, TCI se concentrera sur :
- Accompagnement intégré : Intégrer les messages de prévention des maladies transmissibles à chaque visite de vaccination des enfants (PEV).
- Consultations en soirée : Services à jour fixe pour aller à la rencontre des ouvriers du textile et des travailleurs urbains défavorisés qui ne peuvent pas se présenter pendant les heures d'ouverture habituelles.
- Tableaux de bord de données unifiés : Regrouper les données dispersées au sein d'un système unique pour la gestion du DSCC.
- Espaces adaptés aux hommes : Des points d’accueil spécialisés visant à réduire la stigmatisation liée à l’implication des hommes dans la santé reproductive.
- Accompagnement de type « Diriger-Aider-Observer-Suivre » : Passer de formations ponctuelles à un accompagnement continu, dans le cadre duquel des agents municipaux expérimentés encadrent leurs collègues.
Dr Jahane Ferdous Binte Rahman.
Le Dr Jahane Ferdous Binte Rahman, directrice générale de la santé du DSCC, a clôturé la formation en réaffirmant l'engagement du DSCC et en saluant le plan de six mois proposé. Le DSCC et la Fondation SAJIDA continueront à collaborer pour renforcer la gouvernance municipale, donner la priorité aux interventions à fort impact, ancrer la prise de décision fondée sur les données, développer les capacités locales en matière d'accompagnement et soutenir la mise en œuvre par le biais des systèmes gouvernementaux existants.
